Lise Sarrou
De la vie tranquille à la vie intérieure
Pour le reste, s’il faut des repères concrets, je suis partie de la nature morte, que je préfère désigner par l’expression anglaise « still life » ou par l’expression allemande « stillleben » – les deux signifiant « vie tranquille » – et plus particulièrement de deux peintres, Chardin bien sûr, l’incontournable, et Morandi. J’ai de plus en plus travaillé dans deux directions : l’intégration d’objets, roturiers par nature, banals mais dans lesquels j’essayais de faire sentir le passage du temps ; d’autre part, à partir de formes très simples et de mises en scène minimales – des alignements, des superpositions, des suspensions, des mises en perspective avec des alternances d’ombre et de lumière, de pleins et de vides… – j’en suis venue à rechercher des effets de trompe-l’œil. Pas de couleurs vives, une atmosphère proche de la réalité mais dans un moment suspendu. Depuis deux ans, j’ai intégré des graphismes, des écritures plus ou moins adaptées, dont la plupart n’ont aucune signification. Dans les expositions, je ne présente pas une étape en particulier mais des périodes successives de mon travail depuis cinq ans.
Lise Sarrou



